Le numérique au service des habitants – pas à leur place.

On parle souvent du numérique comme d’un sujet technique, une affaire d’outils, de logiciels, de budget. Mais ce serait comme réduire l’urbanisme à une question de briques et de mortier, alors qu’il s’agit d’abord d’un modèle de ville. Pour le numérique, c’est exactement pareil : ce n’est pas la technologie qui décide, c’est la vision, la volonté politique. Car le numérique façonne déjà notre quotidien : notre relation aux services publics, notre accès à l’information, notre capacité à nous entraider, et parfois même nos libertés.

Quand on parle de numérique, beaucoup de gens se méfient. Et franchement, ils n’ont pas tort. Parce qu’on le sait tous : il y a deux dérives possibles.

Le contrôle

La première, c’est quand le numérique devient un instrument de surveillance. On trace, on recoupe, on profile. Même sans s’en rendre compte, les données s’accumulent et les libertés se réduisent. C’est souvent invisible, insidieux. Ce risque existe, et il doit être assumé politiquement : il faut des garde-fous, de la transparence, et une éthique claire.

La dérégulation au nom de la liberté

La deuxième dérive est plus banale, mais bien plus tangible au quotidien. On dit « dérégulation », mais attention : ce n’est pas l’absence de règles. Il y a toujours une règle, celle de la logique économique. Réduire les coûts. Dématérialiser. Remplacer l’humain par un programme.

C’est exactement ce que beaucoup de gens reprochent au numérique aujourd’hui : la disparition de l’interlocuteur humain. Dans les services publics, dans les banques, dans les assurances, on vous renvoie à un formulaire, à un bot, à une plateforme impersonnelle. Ce n’est pas « moderne », c’est juste un monde où on met l’humain à distance.

L’illectronisme, une réalité qu’on ne peut pas ignorer

Au-delà de ces dérives, il y a un fait massif : la fracture numérique. Aujourd’hui, entre 15 et 20 % de nos concitoyens sont en situation d’illectronisme : ils ne maîtrisent pas les outils numériques de base. À titre de comparaison, l’illettrisme concerne environ deux à trois fois moins de personnes. C’est énorme.

Et ce n’est pas une question de mauvaise volonté. Beaucoup de nos aînés, notamment, n’ont tout simplement pas été formés. Ils ne « décrochent » pas : ils n’ont jamais été accrochés. Une municipalité ne peut pas ignorer cette réalité.

Trois approches possibles pour une ville

Face à ce constat, une ville peut choisir entre trois postures.

Le minimum syndical. C’est, aujourd’hui, le cas de Fontenay. Depuis douze ans, la ville a fait un choix : ne pas investir réellement. On a bien un site internet, on peut y trouver des informations, parfois faire quelques démarches. Mais c’est un numérique statique, peu interactif, sans alertes, sans accompagnement. Un numérique qui ne change pas grand-chose à la vie des habitants.

La modernisation de façade. Clamart, Bagneux, Châtillon ont développé une application municipale. C’est un progrès, évidemment. Mais parfois, ce n’est qu’un site dans une coque d’appli, plus moderne en apparence, pas beaucoup plus utile. Pas d’alertes réellement efficaces, pas de participation concrète, pas de lien entre habitants, pas de logique de solidarité. Un changement d’apparence plus qu’un changement d’usage.

Une vraie plateforme municipale. C’est ce que nous proposons. Nous voulons un numérique guidé par les valeurs de notre projet : à l’écoute, solidaire, pragmatique et transparent. Un numérique au service des habitants, pas à leur place.

Notre proposition concrète

Notre ambition repose sur deux priorités simples.

D’abord, une véritable plateforme numérique municipale. Pas un site transformé en appli, pas une vitrine, mais une plateforme utile, interactive, transparente. L’information y descend, la ville peut alerter en cas d’événements importants, mais surtout les habitants peuvent signaler, donner leur avis, proposer. Et même s’entraider.

Parce qu’un vrai numérique municipal, ce n’est pas seulement une relation verticale de la ville vers les habitants. C’est aussi l’inverse, et c’est surtout une relation entre habitants eux-mêmes. Une plateforme collaborative avec des usages très concrets de solidarité : entraide, coups de main, informations partagées, réseau local, alertes citoyennes. Le numérique, quand il est bien pensé, peut être un outil de proximité, pas un outil de distance.

Ensuite, des permanences numériques. Des vraies. En continu, dans un lieu identifié, avec une idée simple : si un habitant ne sait pas faire, on l’aide immédiatement. Créer une adresse mail, imprimer un document, scanner un dossier, faire une démarche, comprendre une notification, remplir un formulaire : tout cela doit être accessible à tous.

Ce ne sera pas seulement un agent derrière un ordinateur. Ce sera un vrai service public de proximité, appuyé par des médiateurs numériques formés, des partenariats avec les associations locales, et pourquoi pas des jeunes en service civique pour créer un lien intergénérationnel. Parce qu’on ne remplacera jamais l’humain par un formulaire.

Un choix politique

Le numérique n’est pas neutre. Il peut éloigner ou rapprocher, exclure ou inclure. Ce n’est pas une affaire de gadgets ou de budgets, c’est une question de choix, de vision, de volonté politique.

Cette volonté, nous l’avons. En 2026, Fontenay peut choisir un numérique qui rapproche plutôt qu’un numérique qui remplace.

Construisons ensemble un Fontenay qui vous ressemble.

Gilles Mergy & Ahmed Mouldaia L’Élan Citoyen pour Fontenay

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