Il y a bientôt 4 semaines, avant les réunions d’information sur le projet de Géothermie de Fontenay-aux-Roses des 20 et 26 mai, j’avais publié un article (à lire ici : https://www.osez-fontenay.fr/geothermie-vers-une-concertation-en-trompe-loeil/) portant le même titre, avec une seule différence, mais de taille : un « point d’exclamation » a remplacé le « point d’interrogation » du titre initial.
En effet, mes craintes se sont réalisées…
Lors des réunions des 20 et 26 mai, Géosud92 et le SIPERREC nous ont présenté en une heure (la moitié du temps de la réunion) leur projet, bien ficelé, et, à les écouter, sans inconvénient ni risque. Les participants ont ensuite pu poser leurs questions, mais pas réellement exposer leur avis ou proposer des alternatives, lesquelles ont été balayées d’un revers de main, parfois un peu brutal…
Mais le pire restait à venir.
Le 11 juin, une réunion de concertation était consacrée aux riverains. Il leur a fallu batailler un peu pour pouvoir exprimer leurs inquiétudes, leurs attentes et leurs propositions, plutôt que d’écouter pour la troisième fois l’exposé de Géosud92.
Toutes les réponses demandées n’ont pas été apportées : coût et délai du déplacement d’une centaine de mètres du projet, demandé par les riverains et de nombreux fontenaisiens ; mesures pour limiter l’impact sur la biodiversité, mesures alternatives si les précautions prises pour limiter les risques de pollution (sonore, atmosphérique, etc.) ne sont pas suffisantes ; risques économique et financier si les hypothèses de Géosud92 ne sont pas réalisées (évolution des taxes, du prix du gaz, du nombre de bâtiment raccordés, etc.).
Le débat a été animé, parfois un peu houleux, mais très riche.
Sa conclusion a été, hélas, gâchée par l’annonce de Madame la Maire : « le Bureau municipal (la Maire et ses adjoint(e)s) a tranché : le projet sera réalisé comme prévu actuellement ! »
Dans le brouhaha (compréhensible) qui a suivi, peu sont ceux qui ont entendu qu’il y aurait quand même une réserve : il faudrait que le territoire Vallée-Sud Grand-Paris, exploitant du stade du Panorama, finance la rénovation du terrain d’honneur pour que le club de foot puisse continuer son activité. Financement qui avait été accordé à la municipalité précédente en 2025 mais qui aurait été retiré depuis (pour punir les fontenaisiens de ne pas avoir réélu Laurent Vastel ?)
Au final, ce serait donc le projet de Laurent Vastel, si contesté, qui serait quasi intégralement réalisé.
Ce manque de transparence dans le débat est presque insultant : prendrait-on les riverains pour des enfants incapables de regarder la réalité en face ?
Si la Maire avait annoncé cette décision dès le début de la réunion, les débats auraient été tout autres. Je ne doute pas que les riverains auraient continué de défendre leur proposition alternative (déplacement du site de forage), mais le focus aurait sans doute été davantage mis sur les coûts et délais de cette alternative.
Je peux me risquer à une hypothèse.
Si le projet était porté par une société privée, on pourrait comprendre que les actionnaires souhaitent un retour sur investissement le plus rapide possible, donc le démarrage au plus vite des travaux. Mais ce n’est pas le cas : les actionnaires de Géosud92 sont des communes et un syndicat intercommunal, dont les ambitions devraient être le bien public, pas la rentabilité financière à court terme.
Il est donc probable que le principal facteur de surcoût soit l’immobilisation d’une foreuse et de son équipe de foreurs, commandées pour début avril, et que Gésud92 paie plein pot pendant qu’ils attendent le démarrage du projet. Dans ce cas, plutôt que de retarder de mois en mois le démarrage des travaux, sans garantie que Vallée-Sud accorde un jour le financement demandé, ne vaudrait-il pas mieux tout arrêter et repartir sur de nouvelles bases dans un an ?
Michel Giraud