Canicules, crises sanitaires, tensions énergétiques : les communes sont en première ligne. La « résilience territoriale » devient un critère d’évaluation majeur des programmes municipaux. À L’Élan Citoyen pour Fontenay, nous n’avons pas attendu qu’on nous en parle : c’est le fil rouge de notre projet.
La résilience, c’est quoi exactement ?
Le terme vient de la physique : c’est la capacité d’un matériau à absorber un choc et à retrouver sa forme. Appliquée aux territoires, la résilience désigne la capacité d’une ville à assurer les besoins essentiels de ses habitants — se nourrir, se loger, se soigner, se déplacer, vivre ensemble — quels que soient les aléas à venir.
Une ville résiliente anticipe, s’adapte et protège ses habitants.
Pourquoi ce critère devient incontournable ?
Les faits d’abord : canicules à répétition, crise Covid, explosion des prix de l’énergie… Les communes ont été et seront en première ligne, pas toujours préparées. Les attentes ensuite : les habitants veulent des élus qui anticipent, pas qui réagissent dans l’urgence.
Les élus se doivent donc d’anticiper pour prévenir et atténuer les crises, qu’elles soient climatiques, alimentaires, énergétiques, sanitaires ou sociales, et renforcer notre capacité collective à y faire face.
Plusieurs organisations analysent désormais les programmes municipaux sous cet angle : le Haut Comité Français pour la Résilience Nationale, The Shift Project, des collectifs citoyens… La question n’est plus « avez-vous un volet environnement ? » mais « votre ville sera-t-elle capable de fonctionner en cas de crise ? ».
Les six questions que nous nous sommes posées
Avant même de rédiger une seule proposition, nous avons soumis notre réflexion aux critères de la résilience territoriale :
- Comment adapter notre ville aux canicules et aux épisodes climatiques extrêmes ?
- Comment développer les circuits courts et l’alimentation locale ?
- Comment réduire la dépendance énergétique des bâtiments publics ?
- Quels lieux et dispositifs pour renforcer les liens entre habitants ?
- Comment associer réellement les citoyens aux décisions ?
- Comment garantir l’accès aux soins et anticiper les crises sanitaires ?
Notre programme apporte des réponses concrètes à chacune de ces questions.
Notre programme passé au crible des six dimensions de la résilience
1. Résilience climatique : adapter la ville aux dérèglements
L’année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée en Europe. Notre réponse : une revégétalisation massive en pleine terre (pas en jardinières), la création d’un parc public végétalisé place Simon Letoile, des récupérateurs d’eau de pluie sur les bâtiments publics, et une carte des îlots de fraîcheur, que nous aurons aménagés, diffusée à tous les habitants. Nous planterons des essences capables de résister aux chaleurs des prochaines décennies.
2. Résilience alimentaire : recréer des circuits de proximité
Que se passe-t-il si les chaînes d’approvisionnement sont perturbées ? Nous créerons un réseau de jardins partagés dans tous les quartiers, une mini ferme urbaine pédagogique au square Jean Jaurès, et nous relancerons notre marché avec une stratégie tarifaire attractive. Notre cantine scolaire évoluera vers le 100% bio et circuits courts. L’épicerie solidaire des Blagis (GAFIB) sera renforcée.
3. Résilience énergétique : réduire notre dépendance
Chaque euro dépensé en chauffage est un euro qui ne va pas aux services publics. Nous lancerons un plan d’isolation thermique des bâtiments municipaux, piloté par un ingénieur thermicien. Nous développerons les mobilités actives avec un vrai Plan Piéton et des voies cyclables sécurisées. La ressourcerie de la Villa Reige prolongera la durée de vie des objets et réduira notre empreinte carbone.
4. Résilience sociale : les liens qui nous protègent
Lors des crises, ce sont les réseaux de voisinage qui font la différence. Nous créerons un réseau de « Voisins Solidaires » coordonné par le CCAS, des ateliers intergénérationnels (couture, bricolage, numérique, jardinage), des cafés-rencontres dans chaque quartier. Notre application municipale facilitera l’entraide entre parents, le covoiturage et la garde d’animaux. Une ville où les gens se connaissent est une ville plus solide.
5. Résilience démocratique : impliquer les citoyens dans les décisions
Une ville est résiliente quand ses habitants comprennent les enjeux, participent aux choix, et peuvent se mobiliser. Nous mettrons en place un Observatoire des Engagements Municipaux piloté par 35 citoyens tirés au sort, un budget participatif de 50 000 € par quartier, et une concertation systématique avant tout grand projet d’urbanisme. Impliquer les citoyens, c’est renforcer la résilience de Fontenay.
6. Résilience sanitaire : anticiper les crises
Le Covid nous l’a appris : l’accès aux soins et l’information sont vitaux en temps de crise. Nous créerons un « Petit Fontenaisien Santé », bus itinérant de prévention, un guichet dédié aux aidants, une mutuelle communale. Surtout, nous mettrons en place un répertoire de vigilance : les personnes fragiles inscrites volontairement seront contactées en cas de canicule, grand froid ou crise sanitaire.
La méthode, c’est déjà de la résilience
Notre programme est né de deux ans de travail avec les Fontenaisiens : ateliers citoyens, rencontres de terrain, questionnaire auquel 450 Fontenaisiens ont répondu.
Un programme co-construit, c’est un programme compris, approprié, défendu. C’est une communauté qui se connaît, qui a débattu, qui sait travailler ensemble. Cette méthode est en elle-même un facteur de résilience.
Construisons ensemble un Fontenay résilient.
Jean-Jacques Fredouille, Gilles Mergy, Ahmed Mouldaia